En direct de mon nouveau bureau, je vous écris, à vous, chères lectrices et chers lecteurs. Toujours à la maison, mais dans un environnement transformé.
Table de six pieds en bois pour éparpiller encore plus de papiers dessus, tablettes spacieuses ornées de plantes d’intérieures achetées dans une pépinière à Laval et belle bibliothèque pour flasher des livres de référence sur, entre autres, le tennis. Parce que c’est de cela qu’il est question dans cette chronique ponctuelle.
En ce premier lundi de février, je vous lance mes impressions sur l’Open d’Australie qui s’est terminé, hier, avec une belle finale digne de ce nom entre l’illustre prodige Carlos Alcaraz et le légendaire et vieux — pas tant que ça, tout de même — Novak Djokovic.
Novak était à la poursuite de son 25e titre Grand-Chelem, alors que Carlitos voulait compléter le « career Slam », c’est-à-dire, remporter tous les tournois du Grand-Chelem au moins une fois dans sa carrière. Avant la finale de dimanche dernier, il en avait deux à Roland-Garros, deux à Wimbledon et deux autres au US Open.
Alcaraz a fait flèche de tout bois en remportant le match en quatre manches de 2-6, 6-2, 6-3 et 7-5, devenant ainsi le plus jeune joueur de l’histoire à réussir l’exploit. Le tout, sous le regard et le sourire du grand Rafael Nadal, assis dans la loge d’honneur.
Rafael Nadal regarde la finale de l'Open d'Australie aux côtés de son agent Carlos Costa (Getty Images).
À la suite de deux manches expéditives d’un peu plus de 30 minutes, les deux pugilistes ont ouvert la machine. Mais c’est Alcaraz qui a eu le meilleur, multipliant les prouesses de partout sur le terrain, comme à son habitude.Je l’ai trouvé plus rusé, Carlos, pendant cette quinzaine. Il faut croire qu’il est plus mature. Depuis le début de sa carrière, il fait preuve d’une grande maturité pour son jeune âge, mais cette année, à Melbourne, il a disputé des matchs d’une intelligence posée. Peut-être moins flamboyant, mais plus efficace. Il sera tout de même toujours flamboyant, c’est dans sa nature, et c’est ce que nous voulons voir de sa part. Malgré tout, pour durer dans ce sport, il faut développer des armes différentes, et ce, chaque saison.
Sa gestion de match était impeccable. En effet, un tournoi où vous disputez des matchs au meilleur des cinq manches demande une gestion différente. Nous n’avons qu’à nous remémorer sa demi-finale face à Zverez.
Alcaraz menait deux manches à zéro. À 4-4 en troisième manche, il a commencé à avoir des crampes à la cuisse droite. Boitant, il a perdu les deux autres manches pour ensuite remporter la cinquième et passer en finale. Le jus de cornichons et les massages ont finalement fait effet. Le duel le plus difficile de sa jeune carrière, aux dires du principal intéressé.
Sinon, chez les dames, Aryna Sabalenka affrontait la grande joueuse kazakhstanaise Elena Rybakina en finale du premier Grand-Chelem de l’année, samedi dernier.
Une finale tout en puissance. De courts échanges, des services frôlant et dépassant les 200 km/h et des coups gagnants à profusion.
Rybakina est venue à bout de la numéro un mondial en trois manches de 6-4, 4-6 et 6-4 pour mettre la main sur le premier trophée « Down Under » de sa carrière.
Sabalenka participait à sa quatrième finale de suite à Melbourne, elle qui a remporté le tournoi en 2023 et 2024.
Les deux grandes athlètes — Sabalenka mesure 1,82 m et Rybakina mesure 1,84 m — ont offert un superbe spectacle sur le court central du Rod Laver Arena. Leurs services étaient au rendez-vous : 11 as au total, seulement cinq doubles fautes et 75 % de points gagnés sur leurs premiers services.
Rybakina a soulevé le trophée, sourire en coin, sans trop d’émotion apparente, comme à son habitude. Parions que sa joie explosait à l’intérieur.
MENTIONS SPÉCIALES À MELBOURNE
Il a atteint le troisième tour, baissant pavillon en quatre manches chaudement disputées face à l’États-Unien Taylor Fritz.
Pendant trois matchs enlevants, nous avons pu admirer sa ténacité, son service efficace et son revers à une main digne du Louvre.
« Stan the Man » a terminé son parcours avec un bel hommage de la part de l’organisation de l’Open d’Australie et un discours rempli de gratitude, tout en trinquant avec Craig Tiley, le directeur du tournoi.
Code Sports
Victoria Mboko a bien mérité cette mention spéciale, elle qui a atteint le quatrième tour en Australie, et ce, à sa toute première participation en carrière.Elle a littéralement pulvérisé ses adversaires au cours des deux premiers tours pour ensuite jouer un match d’un niveau incroyable contre la très puissante Clara Tauson.
Victoria répondait à la puissance de Tauson par sa propre puissance. Ce duel en était un de poids lourds. Les balles devaient être mortes après les six ou sept jeux d’utilisation habituelle.
7-5, 5-7 et 6-3. Tellement serré ! Mboko a remporté 101 points contre 100 pour Tauson.
Victoria s’est malheureusement inclinée face à Sabalenka au tour suivant. La jeune canadienne de 19 ans a tout de même remonté en deuxième manche, elle qui perdait par deux bris. La manche a dû se décider en bris d’égalité, remportée par la meilleure au monde.
Nous le savions déjà, mais Victoria Mboko est destinée à une belle carrière sur le circuit de la WTA.
Iva Jovic renvoie une balle à la Biélorusse Aryna Sabalenka lors de leur match de quart de finale (AFP).
Je terminerai cette chronique avec une dernière mention à la jeune États-Unienne Iva Jovic. Son parcours s’est arrêté en quart de finale face à la même Sabalenka.Avant cela, Jovic a massacré les joueuses qui se retrouvaient devant elle, dont la septième tête de série, l’Italienne Jasmine Paolini.
D’origine serbe, Iva calque son jeu sur le grand Djoko. D’ailleurs, Novak l’a croisé pendant le tournoi et lui a dit qu’il suivait ses matchs. Un grand honneur pour cette jeune femme remplie de talent.
Voilà ! Un super tournoi a pris fin, d’autres sont au menu. C’est le début de la saison après tout !





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